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Un rapport sur le sommeil remis au ministre de la Santé
Fin 2006, le Dr Jean-Pierre Giordanella, directeur de la prévention à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris, a remis un rapport au ministre de la Santé qui dresse un état des lieux sur le sommeil des Français. Courant janvier, une série de propositions devrait être annoncées à ce sujet par M. Xavier Bertrand.
« Les Français dorment moins et dorment moins bien, et sans constituer une spécificité hexagonale, nos contemporains vivent depuis un siècle une réduction du temps affecté au sommeil. Les études l'évaluent à deux heures aux Etats-Unis et à une heure en Europe occidentale. Cette tendance de fond étroitement liée aux modifications de nos rythmes de vie : les activités nocturnes se sont beaucoup développées, en particulier chez les jeunes, entre la télévision, les ordinateurs, etc ». A ce premier constat dressé par le Dr Jean-Pierre Giordanella s’en ajoute un second : nous dormons aussi moins bien ! « Au final, ajoute le médecin l'écart entre les besoins réels de sommeil et le temps qui lui est effectivement consacré a tendance à se creuser »
« Le sommeil, et surtout sa prise en charge, reste un domaine mal exploré », poursuit le Dr Giordanella. Et de noter un fait régulièrement abordé par les Journées de l’Apnée du Sommeil : « près de 2,5 millions de français souffriraient d'apnée du sommeil, mais seulement 10 % auraient été diagnostiqués à ce jour. Ce retard est préjudiciable sur le risque d'infarctus ou d'hypertension artérielle. Mais l'apnée du sommeil est aussi un facteur de somnolence diurne excessive. Un tiers des accidents mortels de la circulation serait lié à des problèmes de sommeil. » Conclusion du rapporteur : Il y a urgence à prendre au sérieux le sommeil des Français.
Quelques chiffres : 2,5 millions de Français troublés.
Près d'un tiers des Français souffre d'insomnie ;
Un sur dix souffre d'insomnie sévère.
8 % se plaignent de somnolence diurne excessive
8,4 % souffrent du syndrome des jambes sans repos (sensations très désagréables, picotements et tressaillements),
et enfin 5 % à 7 %, d'apnées du sommeil.
A ce tableau s’ajoute celui de la (sur) consommation de somnifères, environ 10 % de personnes qui s'endorment avec l'aide de médicaments. La France est très largement en tête des pays européens.
Ce que dit le rapport Giordanella
Sept personnes sur dix «déclarent ressentir des périodes de somnolence dans la journée». Une personne sur cinq tend à s'endormir de façon involontaire.
En France, «2,5 millions de personnes sont plus directement concernées et présentent des troubles diurnes allant de la simple baisse d'attention à l'endormissement brutal et incontrôlable», d'après le président de l'Institut du sommeil et de la vigilance, le Pr Patrick Lévy. Une des causes majeures de somnolence dans la journée réside dans la prise de médicaments ¬ à commencer par les psychotropes, dont la France est la première consommatrice en Europe. Autre raison : le manque de sommeil. Il peut être consécutif à un événement ponctuel ou chronique, à l'exemple de la dette de sommeil accumulée par les 5 à 6 millions de salariés travaillant en horaires décalés.
La mauvaise gestion du rythme activité-repos est aussi très fréquente, surtout chez les 18-25 ans.
Source : Rapport sur le thème du sommeil, décembre 2006